Vers une carte bancaire à cryptogramme dynamique pour moins d’accessibilité

En cette trêve des confiseurs 2015, l’information serait presque passée inaperçue. Mais c’était sans compter sur la vigilance d’un compagnon d’armes qui, dès le 25 décembre, alertait le landerneau déficient visuel sur l’arrivée prochaine d’un nouveau type de carte bancaire.

Et en effet, ce lundi 28 décembre, sur l’antenne de France Inter on découvrait, avec stupeur, un nouveau casse-tête numérique pour déficient visuel : le cryptogramme dynamique.

Le principe

« En 2015, des cartes à cryptogramme dynamique ont fait leur apparition sur le marché. Le cryptogramme statique, imprimé au verso de la carte, est remplacé par un mini écran e-paper intégré dans la carte, capable d’afficher 3 ou 4 chiffres. Le cryptogramme est affiché de façon permanente mais change automatiquement, typiquement toutes les 20 minutes : il est calculé par une puce alimentée par une mini-batterie ultra-mince, les deux intégrées également au cœur de la carte.

Cette technologie ne change pas les habitudes d’achat, ne nécessite l’installation d’aucun plugin sur le navigateur, et fonctionne de façon transparente sur les sites marchands existants. Ce type de carte permet de lutter efficacement contre la fraude en ligne : si les informations de la carte sont volées (notamment par photo recto/verso de la carte par un point de vente indélicat[6]), elles deviennent inutilisables rapidement puisque le cryptogramme change régulièrement. »

Source : Wikipédia

Au quotidien

Beaucoup de déficients visuels utilisent internet pour faire leurs courses, acheter leurs billets de train, de spectacles, gérer leurs banques, assurances… bref, en un mot, consomment des biens et des services de façon autonome (ou presque) sur la Toile. Comment feront-ils lorsque les sites internet (qu’ils ont pourtant l’habitude de fréquenter aujourd’hui) les inviteront à saisir un cryptogramme qu’ils seront dans l’impossibilité de lire  (ou d’avoir noté préalablement quelque part, voire mémorisé, pour l’utiliser le moment venu) ? Ce scenario fait-il partie des « tests en cours » ou, une fois de plus, sera-t-on mis devant le fait accompli `?

À l’heure où le gouvernement s’apprête à faire voter une loi sur le numérique, dont les articles 43 et 44 ne s’appliqueraient toujours qu’aux sites internet de la sphère publique (et ce malgré des demandes répétées et argumentées pour que, à l’instar d’autres législations en vigueur dans d’autres pays, ce type d’articles soient appliqués au secteur privé), comment compte-t-il gérer cette nouvelle fracture numérique qui fragilisera un peu plus notre autonomie ?